Dijon à la trêve
Et maintenant ?
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Parti sur les chapeaux de roue, le DBHB a perdu pied progressivement, pour s'enfoncer dans les profondeurs du classement. Aujourd'hui en position de relégables, les Dijonnais doivent vite réagir.
Q uel étrange destin que celui du Dijon BHB, depuis son entrée en Division 2 début septembre, jusqu'à la traditionnelle trêve des confiseurs. Lors de cette première partie de championnat, au cours de laquelle il reste encore un match aller avant d'entamer la phase retour, le promu est déjà passé par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, des plus chaudes lorsqu'il a tutoyé les sommets, aux plus froides aujourd'hui, alors qu'il a plongé dans les abîmes du classement.
Alors les interrogations viennent naturellement. Qu'a-t-il bien pu se passer pour qu'une formation dont les rouages concassaient ses adversaires comme un rouleau compresseur du petit gravier, devienne l'opposition favorite de tous les clubs en mal de points ? Comment le DBHB a-t-il pu perdre ainsi une bonne partie de son handball ? Comment passe-t-on d'une situation où l'on commence à envisager - peut-être un peu précipitamment, mais aussi à partir d'arguments solides - un possible retour en élite dans les plus brefs délais, à celle où l'on se demande quelle manette actionner pour endiguer une longue descente aux enfers ?
Des blessés et des déceptions
Quel bilan tirer après seize journées de championnat et quinze matches ? Depuis début octobre, le patient est bien malade et ne présente pas de signes faisant penser à une guérison rapide. Charden M'Bouta n'a pratiquement pas joué depuis le début et est très incertain pour la suite, tout comme Julien Portefaix, touché depuis peu. Contre Bordeaux, Dzamel Kahlun a montré qu'il pouvait apporter son écot, mais il est lui aussi resté éloigné des terrains trop longtemps.
Mais il ne s'agit pas que d'un problème d'infirmerie. Le seul ressort de l'équipe semble reposer sur quelques nouveaux, expérimentés, tel Stéphane Boulant, Dimitri Provornikov ou Cédric Collart.
Fabrice Chauvin et Moez Ben Bahri ont réalisé des entames correctes, mais se sont éteints bien vite. Si l'arrière droit semble avoir repris du poil de la bête dernièrement (sans que ce soit la panacée), les stats restent décevantes concernant le gardien tunisien. Arrivé à Dijon pour occuper la place de numéro 1, après un départ de feu, il réalise maintenant un nombre d'arrêts par match qui se compte sur les doigts d'une main. Avec son homologue Loïc Marmier - devenu par la force des choses n° 1 même si sa jeunesse et son manque d'expérience le désignent plus pour jouer le rôle de doublure -, leur inefficacité sur les tirs de loin est criante et handicape grandement une défense qui était l'une des bases sur lesquelles se forgeaient les premiers succès.
Manquant parfois de solidarité et de rigueur, la défense n'est pas non plus exempte de reproches. Résultat, le DBHB encaisse une trentaine de buts par match, à raison d'une moyenne de 16,6 en première période depuis la réception de Wittelsheim, alors qu'il n'en prenait que 11,7 auparavant.
Bousculés physiquement
Enfin, parmi les plus jeunes, ou ceux qui constituent l'ossature historique de l'équipe, les raisons de se réjouir ne sont pas légion. Eprouvant quelques difficultés au départ, Mohamed Kiour a haussé son niveau de jeu, mais reste assez inconstant. En fait, tous semblent payer leur manque d'expérience. Jérémy Suty, grâce à ses qualités techniques et tactiques indéniables, semblait sur la bonne voie au départ. Mais il est devenu de plus en plus discret, à l'instar de Samuel Carle ou Sylvain Lacroute, qui n'ont jamais véritablement trouvé leur vitesse de croisière. Pour tous ceux qui découvrent la D2, l'impact physique paraît les surprendre. Bousculés sur les phases offensives, les Dijonnais ont de plus en plus tendance, comme contre Bordeaux, à se retourner vers les arbitres pendant que leurs adversaires continuent leurs actions.
Et maintenant ? Il est encore temps d'avoir un regard critique et de rechercher des solutions. Heureusement, sinon nous parlerions de reconstruction. Le constat n'est évidemment pas des plus reluisants. Pour autant, il ne scelle ni collectivement le sort du DBHB, ni individuellement une possible évolution de chaque joueur.
D'abord parce qu'il reste plus de la moitié des matches à effectuer. Ensuite parce que le potentiel, en sommeil pour l'instant, et les ressources sont réels.
Partant du budget, qui est l'un des plus importants de D2, des conditions de travail parmi les plus confortables, des présidents, de son entraîneur Denis Lathoud, des dirigeants, du public et des supporters, la conjonction de tous ces éléments est une chance extraordinaire. La laisser passer serait un gâchis énorme.
Extrait du Bien Public (www.bienpublic.com)
