Avant match Nancy-Aix (14/10/2006)

Publié le par Patrick

L'art du penalty

David Motyka excelle dans cet exercice. Il réalise même un sans-faute après six journées (20 sur 20). Trucs et astuces.

  • ASPTT NANCY-VANDOEUVRE - PAYS D'AIX, dimanche (16 h), parc des sports des Nations.

     

    NANCY. Ils ont beau regarder en boucle des vidéos de ses matches, demander conseil auprès des anciens ou utiliser les bonnes vieilles techniques de déstabilisation, les gardiens de D2 ont bien du mal à trouver la parade. Et cela fait des années que ça dure. Des années que David Motyka les martyrise dans cet exercice de style oh combien particulier qu'est le penalty. Ou le « sept mètres » en jargon handballistique.

     

    Cette saison, aucun d'eux n'est encore parvenu à repousser l'une de ses tentatives. L'ailier de l'ASPTT affiche un 20 sur 20 après six journées. Le score parfait. Il est bien sûr le seul joueur de la division à présenter un tel taux de réussite. « J'espère que ça ne va pas me porter la poisse d'en parler », rigole-t-il, avant d'évoquer cette arme qu'il tient de son père, qui était lui aussi tireur de penalty, et qu'il travaille « depuis tout gamin » car « ce n'est pas inné ».

     

    Trucs et astuces du spécialiste. Face au portier, David opte au dernier moment pour la cartouche qu'il va utiliser : « Je choisis après le coup de sifflet de l'arbitre. C'est au feeling, en fonction de la position du gardien, de son attitude, de comment je me sens, de la grosseur du ballon et de la résine qu'il y a dessus ». Exécution sans préméditation.

     

    « Il sait tout faire »

     

     

    Comme dans tous duels, l'aspect psychologique est important. « Je connais la plupart des gardiens depuis plusieurs années. Ils me connaissent aussi. C'est un jeu entre eux et moi », confie le tireur d'élite nancéien, qui se sert de son expérience : « Je me souviens de tous mes échecs. Je sais quel penalty marche un peu mieux pour chaque gardien. Mais cela ne suffit pas. Il faut se renouveler. Alors, je m'exerce à pouvoir tirer partout ».

     

    Renseignements pris auprès de l'une de ses victimes, David est un expert. « Il peut tirer n'importe où et dans n'importe quel timing, lentement, à contretemps ou rapidement. Il est très précis. Et il a confiance en lui. Mais avant tout, c'est un très bon joueur dont le pourcentage est également élevé à l'aile », confie Damien Moutier, le portier lillois (4e meilleur pourcentage d'arrêt en D2 la saison dernière).

     

    Aux Nations, le gardien nordiste a dû s'incliner à six reprises. Il glisse cette anecdote : « D'habitude, on détecte un impact qui revient plus souvent à la vidéo. Mais avant le match à Nancy, Yohan Delattre, mon entraîneur, ancien gardien champion du monde avec l'équipe de France, m'a dit qu'il ne pouvait me donner aucun conseil sur ce joueur-là. Il m'a dit qu'il pouvait la mettre partout et qu'il savait tout faire. David avait déjà l'ascendant ». Les tentatives de déstabilisation sont nombreuses. « Avec l'expérience, on en rigole », souligne le joueur nancéien, « samedi, l'arrière droit de Saint-Cyr m'a dit qu'il ferait dix pompes à la fin du match si je le mettais. Il les a fait. Il y a plein de petits jeux comme ça. Avec Djukanovic, le gardien de Bordeaux, on se sourit avant et après chaque tir... ». David a toutefois une bête noire : « Mladenovic qui jouait la saison dernière à Pontault-Combault. Avec lui, je n'ai que des mauvais souvenirs ». Un jour, il lui fera peut-être son tir préféré, un « chabala » (tir mou au-dessus de la tête), pour se venger et accrocher un nouveau scalp à son veston. Un de plus.

  • Extrait de L'Est Républicain (www.estrepublicain.fr)

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