Nancy - Cesson (9 septembre 2006)

Publié le par Patrick

Le chemin à suivre

Les Nancéiens se sont fait violence pour retrouver constance et consistance. Ils ont été récompensés. Reste à maintenir ce cap.

  • APRES ASPTT NANCY-VANDOEUVRE - CESSON (29-28).

     

    NANCY. Ce n'est pas un exploit. Ni une prouesse. Juste la confirmation qu'en étant concernés, soudés et concentrés sur leur sujet, les Nancéiens peuvent se muer en une robuste équipe de D2, difficile à manoeuvrer et à renverser. Il suffit de le vouloir. Comme ce fut le cas l'an passé, durant neuf journées, avec une cinquième place à la clé, au soir d'un succès renversant face à Saint-Raphaël.

     

    A l'époque, tout allait bien. Mais le germe était déjà dans le fruit. Défiance vis-à-vis de Paul Matte. Processus d'auto-destruction. Perte de confiance. Renoncement. Même l'arrivée de Thierry Thoni, le « copain », n'a pas permis de relancer une équipe nancéienne ravagée par la gangrène. Heureusement, il y a eu ce sursaut face à Ajaccio et ce résultat complice pour sauver l'édifice de l'effondrement. Dossier clos et possibilité de repartir sur de nouvelles bases.

     

    Encore fallait-il réussir à remettre sur pied un groupe traumatisé et à lui redonner confiance. Mission accomplie. Il y a trois mois et demi, on avait quitté les Nancéiens au fond du trou, paralysés par le doute, fragiles, sans ressort et sans âme. On les a retrouvés, samedi à Gentilly, déterminés, soudés, constants dans l'effort et sûrs de leurs forces. « Les gens doutaient sûrement à l'extérieur. En se disant qu'on tenait encore le même discours. Mais moi, je les voyais à l'entraînement. J'étais intimement convaincu que ce serait différent », confie Thierry Thoni, l'homme du changement.

     

    « Le bon système »

     

     

    Une évolution dans les têtes mais aussi dans le jeu. Parfois limitée sur attaque posée (cela ne s'est pas trop vu samedi), surtout en l'absence d'un bras gauche sur la base arrière (le Lituanien Kazauskas fera-t-il l'affaire ? ), l'ASPTT a une nouvelle corde à son arc : la vitesse. « On joue sur nos points forts. Ça nous convient bien », dit David Motyka, qui s'est bien éclaté sur son aile, tout comme son compère Olivier Gueusquin, qu'on n'avait pas vu aussi hargneux en défense et à pareille fête offensivement depuis bien longtemps. Les anciens sont bien là.

     

    Autre trouvaille intéressante, la défense 5-1, avec Dan Ley en poste avancé. Son gabarit est idéal pour stopper les courses des arrières adverses et ses longs bras sont ultra précieux pour chiper des ballons. Tactique payante. « Nancy a de bons joueurs. Il faut les faire défendre dans le bon système. Là, c'est le cas. Je les ai trouvés affûtés et cohérents dans leur projet de jeu », confirme Daniel Christmann, l'entraîneur de Cesson, « ils ont vécu deux années galère. On sent qu'ils n'ont pas envie de revivre ça ».

     

    Tout cela n'aurait pas apporté le résultat escompté sans un « gros mental », dixit Thierry Thoni, et de la lucidité dans les moments délicats. « On avait préparé beaucoup de choses. Du coup, on ne doutait pas », confie David Motyka. Malgré tout, la victoire s'est jouée sur un pied en zone à la dernière seconde. Preuve que cette D2 sera impitoyable et que cette saison va être un véritable parcours du combattant. L'entraîneur nancéien est parfaitement conscient de l'ampleur de la tâche. Samedi soir, il tempérait les ardeurs et l'enthousiasme, en confiant, avec justesse et humilité : « on a joué en sur-régime. On ne pourra pas le faire tout le temps. C'est pour cela qu'il faut continuer à travailler. Lundi, il faudra que ce soit oublié ».

     

    L'avantage de ce succès, c'est bien sûr qu'il légitime et valide le travail effectué en amont. « On voulait savoir où on en était. Une victoire contre Cesson, troisième du dernier championnat, ça fait du bien au moral. On se dit qu'on n'a pas fait tous ces efforts pour rien », avoue David Motyka. Reste maintenant à conserver le même état d'esprit. Car pour espérer réussir un coup à Saint-Raphaël, les Nancéiens devront obligatoirement afficher la même rigueur et la même envie. Au minimum.

    Extrait de l'Est Républicain (www.estrepublicain.fr)

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