AVANT ASPTT NANCY-VANDOEUVRE (5e, 17 pts) - SAINT-RAPHAEL (2e, 21 pts), samedi (20 h 45), au parc des Nations.
NANCY. Au football, si la hiérarchie n'est pas clairement établie, il est parfois épineux d'avoir à choisir entre deux gardiens. Car désignation de l'un est souvent synonyme de frustration pour le second. Raymond Domenech en sait quelque chose, lui qui doit ménager la chèvre et le chou dans le duel qui oppose Barthez à Coupet.
Comme bon nombre de ses collègues, Paul Matte n'est pas confronté à ce souci. En handball, la concurrence entre les derniers remparts est souvent inexistante. Le coach nancéien n'a pas à se triturer les méninges pour désigner son gardien numéro un ou imposer un ordre dans les rotations. Comme dans d'autres équipes équipes, ses ouailles jouent en alternance.
« Nous sommes deux bons gardiens. Chacun fait trente minutes », confie Mario Percin, le plus grand (1,90 m) des deux « goals » nancéiens. Un partage indispensable. « Cela permet à chacun de nous de garder toute sa concentration », explique le natif de Split qui débute sa deuxième saison sous les couleurs de l'ASPTT.
Yannick Birckel commence les matches. Mario Percin les termine. C'est calé comme ça. « Yannick a plus d'expérience. C'est donc lui qui joue la première mi-temps », dit humblement le Croate, « cette règle nous aide à bien nous préparer. Avant le coup d'envoi, lui s'échauffe à 100 % et moi à 60 % ».
« L'intérêt du groupe »
Jusque-là, rien d'exceptionnel. Mais le fonctionnement du tandem s'avère être un peu plus qu'une simple addition. S'ils ne se sentent pas ou plus à leur maximum, « à un poste où il est difficile d'être régulier » précise Yannick, l'un et l'autre n'hésitent pas à passer le relais au copain. « Chez nous, ce sont les gardiens qui décident. Paul a fixé les principes de base. Derrière, on a une grande liberté. L'important, c'est de faire passer l'intérêt du groupe avant notre propre intérêt », ajoute Yannick.
A Nantes, samedi dernier, il a ainsi demandé à sortir au bout de six minutes de jeu. Mario l'a remplacé dans la cage. Avant que l'aîné ne termine finalement la rencontre. « Pour que cela fonctionne, il faut que les deux gardiens jouent le jeu. Cela se passe naturellement. Si ce n'est pas le cas, c'est à l'entraîneur d'intervenir », indique-t-il.
Pour que cela fonctionne, il faut bien sûr que les deux gardiens soient complices. « Notre entente, c'est quelque chose d'extraordinaire », insiste Mario. Un atout. Reste que l'efficacité du duo est également dépendante du travail défensif de leurs partenaires. « C'est un ensemble », souligne Yannick. Un ensemble au sein duquel on trouve une paire au fonctionnement un peu atypique.
P. -H.W.